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Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule…

François Hollande a négocié pour la France un délai de deux ans pour ramener le déficit public. Cela ne s’est pas fait sans contreparties… Elles sont au nombre de trois :

-      accélérer la libéralisation des marchés des biens et des services ;

-      Engager la réforme du marché du travail (la flexisécurité vantée dans l’ANI du 11 janvier dernier) ;

-      Et surtout assurer un financement pérenne des retraites ainsi que la durabilité du système des pensions.

 

Le journal Le Monde propose l’analyse suivante : « Pour la commission européenne, la mauvaise conjoncture empêchera la réforme précédente, menée par Nicolas Sarkozy, d’assurer, comme prévu à l’origine, le retour à l’équilibre du régime de retraite en 2018. Il reste donc, selon elle à assurer la durabilité du système des pensions. Monsieur Rehn (commissaire européen chargé des affaires économiques) se garde bien cependant d’indiquer s’il souhaite le relèvement de l’âge de départ légal à la retraite à 67 ans, comme dans certains pays européens ». Le fait qu’il ne le dise pas clairement ne signifie pas pour autant qu’il n’y pense pas !

 

Il faut  nous conforter dans l’idée que l’âge de départ sera reculé contrairement aux propos tenus par Monsieur Ayrault fin Mars dernier. Il affirmait à l’époque dans le Journal du Dimanche : « nous ne toucherons pas à l’âge légal, (…) tous les scénarii seront sur la table à l’occasion de la grande conférence sociale qui suivra. Puis les partenaires sociaux en débattront et à l’automne les choses seront claires pour tout le monde. » Mais tout cela était dit avant le sursis obtenu auprès de la commission européenne.

Le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso dans un entretien à l’Express disait « tout ce qui permet de réduire la rigidité des marchés en France, par exemple l’ouverture des secteurs protégés à la concurrence, est une bonne chose ». Il ajoutait dans le même entretien qu’il fallait être plus ambitieux pour les retraites.

 

Comme la commission européenne n’a pas le pouvoir d’effectuer les réformes dans un pays membre comme la France, ce sera au gouvernement français de faire « passer »la pilule. Quitteà faire passer une mauvaise nouvelle, pourquoi ne pas tenter d’en faire passer deux à la fois ? Pratique au plan politique cette manière de procéder assure le succès de la réforme projetée en focalisant les attentions sur des sujets autres ; elle permet aussi de tester la résistance des consciences sur le deuxième sujet retenu. Êtes-vous au courant que nos chers gouvernants réfléchissent à une réforme du mode de remboursement des dépenses de santé ?

 

Le journal Les Échos dans son édition des vendredi 17 & samedi 18 mai présente une idée de réforme concernant la refonte des remboursements. Une telle réforme renforcerait l’équité mais ferait beaucoup de perdants. Cette réforme est indispensable car le système de remboursement de l’assurance –maladie généreux dans son esprit demeure déficitaire. Il est déficitaire alors que des patients ayant des pathologies lourdes et chroniques ont parfois des restes à charge très importants. La réforme à l’étude envisage l’instauration d’un système de franchise annuelle et personnelle ainsi qu’un plafond de dépense annuelle. Les franchises et les plafonds pourraient varier en fonction du revenu et permettre un meilleur remboursement des personnes les moins favorisées.

Il n’y a pas lieu de s’affoler : la semaine dernière  lors de sa conférence de presse du jeudi 16 mai, François Hollande a qualifié le déficit des retraites « d’insoutenable ». Il a même rajouté « je refuse de reporter ce fardeau sur les générations à venir » et s’est engagé à « rétablir durablement l’équilibre ». Il a aussi prévenu qu’au terme d’une rapide concertation (elle sera terminée à la fin de l’été), il y aurait augmentation de la durée de cotisation. «  On vit plus longtemps, on devra travailler un peu plus longtemps » a-t-il déclaré ! Et enfin, cerise sur le gâteau, il a osé évoquer dans la catégorie des sujets à régler « les inégalités entre les régimes »… !

Traduite en langage clair cette affirmation laisse entrevoir une réforme des régimes spéciaux dans lesquels se complaisent une partie de la population (en particulier les employés de la fonction publique). Le dernier à s’être attaqué à ce chantier s’appelle Alain Juppé. C’était au milieu des années 90, cela lui a coûté sa place après que des grèves de la fonction publique aient paralysé le pays.

Vous reprendrez bien un peu de Prozac ?

Eric Fritsch pour Le Kotidien

 

Guyane – Le retour de Ti loulou…

Lors de la première année du Kotidien nous recevions régulièrement des missives d’un petit lecteur aux idées pas toujours très claires. Peut-être en raison de son âge (8ans) ? Quelle ne fut pas notre surprise de voir qu’il ne nous avait pas oubliés et surtout, qu’il n’avait pas grandi : « Monsieur le Kotidien, je t’écris passque mon papa il sait jamais me dire quand je pose des questions. Là j’ai dit que j’étais content de pas aller à l’école parce qu’il pleut mais comme y pleut pas et que ma grande sœur elle devait y aller pour son bac mais qu’y avait pas de bus et que quand même y fallait qu’elle y aille. Mon papa il a dit que c’est passke la météo elle a pas dit la même chose au Préfet et au recteur et pi que ça arrangeait tout le monde de pas travailler vendredi, tu dis quoi toi monsieur Le Kotidien ? C’est ça les nouveaux rythmes scolaires ?»

J’en dis que, malgré tes 8 ans, tu es un petit insolent pour penser des choses pareilles même si ton retour nous fait plaisir…

 

Guyane – Dengue : quels outils pour lutter contre le moustique ?

Alors que l’Institut de Veille Sanitaire parle de « 11.000 cas cliniquement évocateurs » observés depuis octobre 2012 (pour 3.650 confirmés biologiquement, 489 hospitalisations et 5 décès), et évoque une « poursuite de l’épidémie » dans son dernier bulletin, la Préfecture a rappelé quels étaient les outils mis en place pour lutter contre l’épidémie. Tout d’abord, la Direction de la Démoustication et des Actions Sanitaires (DDAS) du Conseil Général qui s’occupe de « l’épandage spatial d’insecticide par générateur d’aérosols monté sur véhicule » (baygonneuse), qui serait « le meilleur outil actuellement disponible » pour lutter contre le moustique Aedes Aegypti. Et ce malgré « une baisse de sensibilité » de l’insecte adulte face à l’insecticide utilisé, le produit restant très efficace face aux œufs ou larves.

Les autres outils ? Le bon sens de chaque citoyen : supprimer les récipients ou objets pouvant servir de lieux de ponte, nettoyer les gouttières, se protéger individuellement à l’aide de moustiquaires ou de répulsifs (le moustique vecteur pique principalement le matin entre 9h et 11h, et l’après-midi, de 16h au coucher du soleil, selon une étude de l’Institut Pasteur). Et en cas de forte fièvre, consulter son médecin traitant, s’hydrater au maximum, et ne pas utiliser d’aspirine ou d’anti-inflammatoires.

 

Guyane – La justice met la main sur le gang qui attaquait les bureaux de Poste

Mardi et mercredi dernier, huit personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de l’enquête menée par la cellule de la gendarmerie : « Coffre 973 » depuis sa mise en service il y a un mois et demi. De nombreux bureaux de Poste ou des stations-services avaient été la cible de cambriolages ou tentatives de cambriolage depuis le mois de juin 2012. Un butin estimé à 300.000 euros (sans compter les dégradations), le tout pour un gang « familial » (frères, demi-frères, cousins) de quatre personnes françaises d’origine surinamaise, âgées « de 25 à 35 ans » et basées à Kourou, les quatre autres étant leurs complices, ayant participés à une cinquantaine de cambriolages.

« L’argent a très probablement passé la frontière » estimait la substitute du procureur, Clara Ribeiro, qui a présenté samedi matin les huit hommes à une juge d’instruction, pour « vols et recels en bande organisée et association de malfaiteurs ». Ils encourent jusqu’à 15 ans de prison. La cellule d’enquête de la gendarmerie devrait être « démontée » une fois toutes les preuves collectées. Les malfaiteurs ont été confondus par des empreintes, de la vidéosurveillance, et surtout, grâce à des écoutes téléphoniques. Les gendarmes n’avaient néanmoins pas réussi à les prendre en flagrant-délit, mais les présumés coupables avaient « reconnu les faits » dès jeudi dernier… ES

 

National – Samedi, François Hollande a promulgué la loi autorisant le mariage « pour tous »

Le texte de la loi «ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe» a été promulgué par le président de la République et publié samedi au JO en même temps que la décision du Conseil constitutionnel. Celui-ci avait jugé que le mariage homosexuel était «un choix du législateur» et «n’était contraire à aucun principe constitutionnel».  La première célébration se déroulera le 29 mai à Montpellier. Le collectif de «La Manif pour tous» a appelé à un nouveau rassemblement national le 26 mai.

 

Etats-Unis – Barack Obama encourage la Birmanie à poursuivre les réformes

Le président américain Barack Obama a salué les réformes politiques et économiques entreprises en Birmanie par son homologue Thein Sein, qui effectuait lundi une visite historique à la Maison Blanche, mais a fait part de sa « profonde inquiétude au sujet des violences communautaires qui ont visé des groupes musulmans en Birmanie ». « Le déplacement de populations, la violence les ciblant doivent cesser », a-t-il insisté.

Thein Sein a de son côté reconnu que son pays devait faire face à de « nombreuses difficultés », et a exprimé sa reconnaissance à M. Obama pour son investissement dans le dossier birman, qui a selon lui favorisé le processus des réformes en cours. « Pour que la démocratie se développe dans notre pays, il va nous falloir aller de l'avant, et il va nous falloir entreprendre des réformes politiques et économiques », a-t-il déclaré.

Aucun dirigeant birman n'avait reçu les honneurs de la Maison Blanche depuis la visite du général Ne Win en 1966, sous la présidence de Lyndon Johnson, quatre ans après le coup d'Etat militaire qui a plongé la Birmanie dans des décennies d'isolation.

 

Vous reprendrez bien une petite prolongation d’arrêt ?

Marronnier, serpent de mer, action téléguidée par le ministre ?

Quoiqu’il en soit le coût des arrêts maladie « bidon » refait surface notamment dans un article du magazine Capital  (N°260, mai 2013) qui chiffre le scandale à 10 milliards d’euros.

Et qui sont les publics particulièrement visés ? La fonction publique évidemment !

Quand je dis évidemment c’est qu’on a l’impression de tirer sur une ambulance mais l’analyse est édifiante.

Jugez plutôt : «  Depuis 2008 les arrêts maladie ont diminué de 21% dans le privé pour augmenter de 14% dans les collectivités territoriales et de 10% dans les hôpitaux publics ».

Et nous parlons bien ici des arrêts de complaisance qu’aucune cause médicale ne justifie. La sécu estime à environ 15% les arrêts abusifs.

Si le taux « normal » peut être estimé à 8,5 jours par an, la réalité est de 10 jours dans le privé (coût 3 milliards), de 13 dans les services de l’Etat (1,8 milliards), de 17 jours dans les collectivités (2,3 milliards) et de 24 jours (!!!) à l’hôpital public (3,1 milliards).

Un exemple ? Cité par Capital : « La chambre régionale des comptes d’Alsace a découvert que les 5.865 fonctionnaires de la communauté urbaine de Strasbourg ont pris en moyenne 35,8 jours ouvrables d’arrêts maladie en 2011, alors que les salariés de droit privé de la même maison ne s’arrêtaient pour leur part que  9 jours chacun ».

Edifiant non ? Oh je vois déjà les sourcils levés de mes lecteurs fonctionnaires jurant leurs grands dieux que cet article est diffamatoire, qu’il est trop facile de rendre les agents publics responsables de tous les maux, qu’il ne faut pas faire d’amalgames, que tous ne sont pas pareils… Je suis bien d’accord avec vous et cela me fait encore plus peur en pensant à tous ceux qui sont honnêtes. Que serait la statistique sans eux ?

Oui je sais, ô lecteur exemplaire, que tu te demandes l’intérêt de cet article ramené à la Guyane.

Eh bien tout simplement parce que Capital  ne nous oublie pas en plaçant l’hôpital de Cayenne en tête du hit-parade (4ème) avec 36 jours d’arrêts en moyenne.

Là encore vous allez sans doute me rétorquer que les conditions de travail sont difficiles, que le métier est exigeant ou encore que les malades ne sont pas faciles à vivre… Soit mais n’en est-il pas de même pour la caissière de Carrefour ou l’agent de sécurité de l’aéroport ? Il est moins malade et moins bien payé, vous y comprenez quelque chose ?

Saviez-vous également que nos braves facteurs s’arrêtaient en moyenne 5,5 semaines par an pour raisons de santé ? Mais là pas question d’en parler autrement qu’armé de sa plus belle langue de bois : les syndicats veillent et gare au chef de service qui oserait demander un contrôle…

Et bien évidemment il ne faut pas oublier d’associer à ces brillants résultats les médecins qui, pour certains, ont arrêté depuis bien longtemps de faire des diagnostics pour se lancer dans ce business lucratif.

Est-ce une spécialisation enseignée dans les écoles de médecine ?

Mais encore une fois je m’égare sans doute sur le chemin chaotique de l’exemplarité…

Patrons voyous, salariés profiteurs, médecins complaisants, tous n’ont que leur seul intérêt immédiat en ligne de mire en se foutant bien de ce qui peut arriver à la collectivité.

Un dernier exemple ? Si les conditions de travail et les moyens d’une administration ne sont pas bons, plutôt que de changer les choses on préfère fermer les yeux sur une compensation qui ne dit pas son nom et continuer à creuser les déficits qui ne permettront pas d’avoir les moyens et qui seront à nouveau compensés…

A quand une étude sur le sujet en Guyane ?

TM

 

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