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Guyane – Braconnage à Petit Saut : l'Etat prend le taureau par les cornes ?

Au mois de septembre, la Compagnie des Guides de Guyane tiraient (une fois encore) la sonnette d'alarme : le braconnage ne cesse de s'intensifier autour du lac de Petit Saut (notre dossier du 18 septembre : http://goo.gl/1qKEoI ). Depuis vendredi désormais - faisant suite à une consultation publique menée par la DEAL - un nouvel arrêté préfectoral a permis d'actualiser la réglementation. D'après la préfecture, la cinquantaine d'avis recueillis étaient "unanimement favorables" à cette actualisation.

Désormais, les sanctions devraient être "plus efficaces : amendes passant de 38 à 750 euros, saisie du gibier, saisie du matériel ayant servi à commettre l'infraction (armes véhicules, etc…)" détaille la préfecture, et le périmètre où la chasse/capture, et le transport d'espèces sauvages est interdit "a été redéfini". Le Préfet a assuré que les services de l'Etat seraient "particulièrement mobilisés" pour sanctionner et faire respecter la réglementation, afin de "garantir les conditions nécessaires au développement de l'éco-tourisme dans ce secteur", comme le demandaient les guides.

Une disposition qui semble correspondre avec les annonces faites par la vice-Présidente régionale déléguée à l’environnement, Hélène SIRDER, qui nous affirmait la semaine dernière que la collectivité avait débloqué 2,5 millions d'euros pour réhabiliter la route de Petit Saut afin de désenclaver St-Elie, et de développer l'éco-tourisme dans la zone… Mais pour le moment, pas beaucoup plus d'informations sur les projets envisagés.

 

Une première "prise" prometteuse

Le 11 novembre dernier, l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) et l'Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) ont "déjoué" un acte de braconnage "particulièrement marquant"au niveau du dégrad de Petit Saut. A bord d'une embarcation, trois congélateurs et glacières "dissimulant un tableau de chasse conséquent : 10 singes hurleurs, 17 agamis, 2 singes capucins, 1 pakira, 1 biche, 1 cariacou, 3 toucans, 2 tinamous, 1 pac, 1 hocco, 3 marails, 2 tortues denticulées, et un ara chloroptère" une espèce intégralement protégée.

Plusieurs délits étaient comptabilisés par l'ONCFS : interdiction de chasse sur le lac de Petit Saut, non-respect des quotas de chasse qui ont donc permis aux services de l'Etat de saisir la pirogue, les fusils, et le produit de ce braconnage. Par ailleurs, les auteurs du délit risquent une amende "allant jusqu'à 15.000 euros et un an d'emprisonnement" pour la "destruction" de l'Ara Chloroptère. Les procédures judiciaires sont en cours, et au vu de la nouvelle "donne" réglementaire signée vendredi dernier, on peut s'attendre à ce que les contrevenants "servent d'exemple".

En revanche, comment contrôler la chasse aux abords des camps d'orpaillage illégaux ? Hélène SIRDER rappelait en mai que "le pillage de nos ressources animales ont essentiellement comme cause première la nécessité pour les orpailleurs clandestins de subvenir à leurs besoins alimentaires"… Si les chasseurs/orpailleurs illégaux sont contrôlés en forêt, il y a des chances pour qu'ils soient avant tout ciblés pour leur activité de pillage aurifère. L'or coûte plus cher que les animaux, c'est connu…

 

Protéger notre patrimoine naturel

Il est important de comprendre que nous avons tous un rôle à jouer dans la survie de certaines espèces. Même si cela peut paraître comme 'folklorique' de manger l’un ou l’autre de ces animaux c’est un devoir de citoyen. La forêt pouvait sans doute nourrir quelques dizaines de milliers d’habitants. Avec une Guyane à 400.000 résidents dans quelques années nous nous devons de penser à la préservation de notre bien commun et la faune en fait partie… ES

 

 

Guyane – Le CNES essaye de répondre aux attentes des entrepreneurs guyanais

La rencontre qui s'est tenue vendredi dernier à la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCIG) a permis à Bernard CHEMOUL, le directeur du Centre Spatial Guyanais (CSG) de répondre aux questions que se posent les entreprises guyanaises avec l'arrivée d'Ariane 6, dont le premier tir est prévu en 2020. Visant la compétitivité face à la société américaine SpaceX (et ses autres concurrents), Ariane 6 devra "coûter 30% moins cher", un constat qui n'a pas spécialement tendance à rassurer les entrepreneurs de Guyane, qui ont du mal à se faire une place face aux grands groupes européens installés sur le territoire.

Un état de fait que M CHEMOUL a reconnu, assurant cependant que "la base spatiale est ouverte à l'emploi et au développement", que "le CNES [et l'ESA] se prononcent toujours en faveur de la Guyane", même s'il fallait "continuer de développer une politique en faveur des PME" et "responsabiliser un peu plus les grands groupes" pour qu'ils travaillent avec les structures guyanaises plus petites. "Le tissu économique et les industries guyanais(es) ont forcément vocation à être utilisés" pour l'activité spatiale.

Pour Jean-Paul LE PELLETIER, président de la CCIG, "on ne peut plus se contenter de dire que l'emploi de locaux dans une entreprise signifie qu'il y a des retombées locales" a-t-il lancé aux représentants du CSG. Cette rencontre était l'occasion de relancer le travail en commun entre les services de la CCIG et le CNES, débuté il y a un an, "pour réaliser une cartographie des métiers et des besoins du spatial, et ce qui est nécessaire en termes de formation".

"Les entreprises guyanaises estiment trop souvent que le spatial est un marché qui ne leur est pas destiné" regrettait M LE PELLETIER, bien décidé à les convaincre du contraire… ES

 

 

Guyane – 4 nouveaux élus à Régina

N'ayant pas réussis à se départager le weekend dernier, les candidats aux quatre dernières places (sur 15) de conseillers municipaux ont été élus ce dimanche par les citoyens de la commune : Michel-Ange MENDES DOS SANTOS, Natalie NELOM, Didier TCHA et Jocelyne COVIS. C'est donc la fin des épisodes de "nouvelles élections", suite aux annulations de celles du 23 mars dernier.

 

 

Une soirée au ciné – Favelas, un conte trash dans un bidonville…

 

Favelas, Drame et aventure (1h54) réalisé par Stephen Daldry, Christian Duurvoort avec Wagner Moura, Selton Mello, Rooney Mara et Matin Sheene.

 

L'histoire : Lorsque deux garçons des bidonvilles de Rio trouvent un portefeuille au cours de leur inspection quotidienne de la décharge du coin, ils sont loin de se douter que leur vie est sur le point de changer à jamais. Quand la police locale débarque, offrant une belle récompense en échange du portefeuille, Rafael et Gardo réalisent l’importance de leur découverte…

 

Notre avis KKK

 

Un conte plus qu'une réelle fresque sociale qu'il ne faut pas prendre comme un reportage au cœur des favelas mais plus comme une histoire d'ados racontée par le réalisateur de Billy Elliot qui oscille entre le drame et le thriller en conservant une grosse dose d'optimisme et de bonne humeur.

Ces gamins débrouillards vous feront sans doute penser également à Slumdog Millionaire  avec cette capacité de surmonter les mauvais coups d'une société corrompue et de policiers malfaisants. Il faudra aller au-delà de certains clichés (tous les policiers sont pourris, le bon prêtre et la religion qui sauve, la solidarité et la joie de vivre dans les favelas) et se laisser porter par une histoire pleine d'espoir avec un regard souvent désabusé mais jamais triste. Beaucoup de poursuites, de rebondissements, quelques scènes dures mais qui s'intègrent parfaitement au récit. Si vous êtes parents de pré-ados ou d'ados c'est un bon moment à partager avec eux, parole de papa, j'ai testé pour vous… TM

 

Les notes

K          K…atastrophe

K K       K…orrect

K K K    K…aptivant

K K K K      K…ourrez le voir !

Gagnez une place de cinéma !

En répondant à ces questions, vous pourrez peut-être gagner une invitation pour aller voir le film Hunger Games : la Révolte (1/2) cette semaine ! Envoyez vite votre réponse à Cet adresse mail est protégé contre les spambots. Vous avez d'activer le javascript pour la visualiser. en mentionnant votre nom et votre prénom.

1) Qui a composé la bande originale des Hunger Games ?

2) Qui joue le rôle du "président vénéneux" dans tous les films ?

3) De quel film japonais s'inspire Hunger Games ? (question bonus)

 

Le travail informel en Guyane, tribune libre de la Fédération des Très Petites Entreprises de Guyane (FTPE)

Dans le prolongement de l’émission "Parlons Economie" qui a eu lieu sur Guyane 1ère le jeudi 20 novembre dernier, la FTPE souhaite rappeler ses sources d’information et sa réflexion sur le travail informel appelé vulgairement travail au noir : "En dépit des efforts effectués dans cette optique par l’Organisation internationale du travail (OIT) depuis plusieurs décennies, le flou qui continue d'entourer l’économie informelle demeure un obstacle important freinant sa prise en compte par les politiques économiques.

Conformément aux recommandations internationales, le secteur informel est défini comme l’ensemble des entreprises individuelles non agricoles et non enregistrées, qui produisent des biens et services pour le marché. Le manque de données statistiques précises concernant l’économie formelle est également à relever.

Il résulte de plusieurs facteurs : flou des définitions en dehors de la communauté statistique ; manque d’intérêt de la part des autorités envers un secteur opérant à la marge de l’économie et ne payant pas d’impôts ; difficultés de mesure, compte tenu précisément du fait que ce secteur est à la marge ; enfin, idée préconçue selon laquelle le secteur informel est une marque de sous-développement et est appelé à progressivement disparaître au fur et à mesure du développement des pays…"

Source conférences et séminaires n°6 de l’Agence Française de Développement.

 

Il y a un point de convergence auquel adhère la FTPE, c’est que le travail informel est notamment :

  • un échec humain pour la société
  • la privation des droits (retraite, maladie, etc.)
  • une menace par le déploiement d’une concurrence déloyale

Au vu de l’ampleur du phénomène, pour la FTPE, la question n’est pas de savoir s’il faut défendre ou pas ceux qui ont recours au travail informel mais d’en comprendre les causes en vue d’apporter des réponses pour la structuration des TPE.

 

Les causes pour la FTPE Guyane sont inhérentes à la  spécificité même  de l’économie en OUTRE MER qui se caractérise par une économie de comptoir (90% des besoins sont importés) et une économie dépendante à 80% de la commande publique.  Ainsi, nous avons mis en relief 4 causes principales :

  • les dérives de la commande publique : Nous sommes passés d’une compétition sur les compétences et la qualité vers une course forcée vers la perte d’exploitation en favorisant dans les faits le moins disant
  • les délais de paiements qui s’allongent et qui condamnent  les entreprises à disparaitre
  • les fluctuations du marché mises en évidence dans le secteur du bâtiment qui est une menace pour les entreprises déjà fragilisées par les deux premiers points
  • le chômage de la qualification et des compétences : les personnes employées ont une productivité inadéquate au vu des charges qu’elles génèrent et de l’ensemble des autres charges qui pèsent sur l’entreprise

 

Les entreprises sont ainsi aujourd’hui prises entre le marteau de la perte d’exploitation et l’enclume des dérapages de paiement.

La proposition de la FTPE  est de mettre en place un comité de réévaluation des prix de marché, de suivi des délais de paiement et des politiques de l’emploi, au même titre que l’observatoire des prix qui a permis de définir le panier moyen de la ménagère. Ce serait là, à notre avis, une des réponses au choc de compétitivité que le gouvernement souhaite mettre en place dans les DOM afin que l’on reconnaisse la valeur travail des TPE guyanaises.

Valérie Vanoukia

Présidente de la FTPE Guyane

 

Guyane – Quand un député de la République propose de rouvrir le bagne…

Les propos tenus hier sur Sud-Radio par l'inénarrable Nicolas Dupont-Aignan sont-ils une manœuvre politique ou l'expression d'un homme qui oscille entre vulgarité et bêtise ? Il a en effet suggéré de "rouvrir Cayenne", pour éloigner les Français revenus du Jihad, des "fous furieux" qui méritent à ses yeux une "justice d'exception".

Inutile de dire que les réactions ont été unanimes. Les 4 parlementaires, les maires de Kourou et de Cayenne, le collectif Trop Violans… tous ont bien évidemment condamné ce dérapage d'un homme politique qui ne sait plus quoi faire pour exister.

Ce monsieur qui rêve tout haut d'un destin national (en oubliant un peu vite son score pathétique de 1,72% à la dernière élection présidentielle) en se prenant pour de Gaulle ou Kennedy voulait marquer les esprits. Eh bien c'est réussi !

Et peu importe qu'il précise que "Cayenne c'est une image", il aura encore une fois montré des limites intellectuelles en Histoire et géographie.

Oui Monsieur, la Guyane c'est une histoire que vous ne connaissez sans doute pas et c'est aussi la preuve que vous situez la Guyane "loin de tout".

Et quand vous osez dire "Je ne veux pas que ceux qui reviennent du djihad soit en libre circulation dans notre pays" vous oubliez simplement que la Guyane fait partie de votre pays, votre culture est donc aussi étriquée que vos idées.

Vous êtes l'exemple même de ce que la politique spectacle a de plus ridicule quand il s'agit de faire le buzz à tout prix. Au moins vous m'aurez permis de me rappeler d'une phrase de Michel Audiard (Les Tontons flingueurs-1963) : "Les cons ça ose tout… C'est même à ça qu'on les reconnaît…" TM

 

 

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